« Les écumes noires », le roman à ne pas rater!

C’est classique, il y a deux saisons propices à la lecture d’un gros roman. Celle où l’on se prélasse sur une plage si possible ensoleillée. Et celle où l’on lutte contre la grippe sous un édredon moelleux. Cette dernière alternative m’est échue la semaine dernière et c’est à pleines mains que je me suis emparé du premier roman d’Arnaud Maret, Les Ecumes noires, publié à Vevey aux éditions de L’Aire. Un pavé de 500 pages. Presqu’un roman fleuve. Mettons (car Maret est Valaisan) : un roman fleuve à la mesure du Rhône à son embouchure dans le Léman. Un roman magnifique, bien construit, bien pensé, bien écrit que, malgré la fièvre, j’ai lu d’une traite du milieu d’un après-midi au milieu de la nuit.

Pour captiver le lecteur avec une telle force d’attraction, il faut de la fesse ou du sang. Maret a opté pour le sang. Mais, soit dit en passant, s’il avait mis son talent au service de la fesse, je suis convaincu que le résultat serait tout aussi chouette. Un polar, donc. Avec juste assez de macchabées pour entretenir le suspense sans tourner au Grand-Guignol. Avec un commissaire bonasse, clope au bec, compréhensif en diable, pas du tout le genre du flic teigneux et agressif. Et des rebondissements dignes d’un récit d’Agatha Christie car, n’est-pas ?, il faut retenir le lecteur, pas le faire fuir ni le dégoûter.

L’intrigue est évidemment corsée et dans notre Europe désormais unifiée, elle franchit allègrement des frontières heureusement dématérialisées : de Fribourg où vit le protagoniste principal, nous passons à Bâle, avant de parcourir l’Allemagne (Munich, Berlin…) et un peu d’Autriche. Avec, en sinistre toile de fond, Budapest où, en 1944, les nazis liquidèrent les Juifs hongrois par milliers. Il en ressort une vaste fresque qui n’est pas sans rappeler le Jacob Wassermann de L’Affaire Maurizius, un écrivain qui connut son heure de gloire dans l’Allemagne de la République de Weimar. D’une facture classique, porteur d’une culture classique (ne craignant pas des titres en latin) le roman d’Arnaud Maret est très agréable à lire. L’auteur prend manifestement un grand plaisir à raconter une histoire qui tienne la route. Quand on sait qu’il n’a que 25 ans on ne peut que lui souhaiter de nous tenir longtemps encore en haleine.

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A propos gerarddelaloye

Journaliste et historien, vit entre la Suisse romande et la Transylvanie. Dernier ouvrage publié: "Les douanes de l'âme et autres chroniques roumaines", Ed. L'Aire (Vevey CH), 2016, 130 p.
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