EN MARGE Suisses, encore un effort pour vous libérer de l’angoisse du travail !

Bonne nouvelle glanée au détour d’une petite info du Temps : neuf mois après son lancement l’initiative dite « pour un revenu de base inconditionnel à 2500 francs » marche bien. En neuf mois (à mi-parcours des 18 mois autorisés pour la récolte) elle a déjà recueilli 70000 signatures. C’est dire que d’ici quelques années elle sera soumise à votation. Cela donnera enfin la possibilité d’ouvrir un vaste débat sur la calamité qui, avec l’apparition et le développement du capitalisme industriel, s’est abattue sur l’humanité il y a quelque trois siècles : l’idéologie du travail et l’aliénation qu’elle génère. Faites le test dans votre entourage : décrier la nécessité de travailler ne passe pas vraiment. Et pourtant ! Dès les balbutiements de la science économique, des chercheurs ont tenté d’épargner cette galère aux humains. Aujourd’hui si la problématique n’a pas encore trouvé place dans les grands médias, elle a toutefois gagné de solides positions un peu partout comme en témoigne cet article de Wikipédia

D’après Attac Suisse, la discussion tourne autour du projet suivant :  » Les initiateurs proposent que le revenu de base soit de 2500 francs par adulte, les enfants en recevraient le quart, c’est-à-dire 625 francs. Le financement pourrait provenir de différentes sources. Selon la proposition des initiateurs, rien ne changerait vraiment pour la majeure partie de la population. En effet, pour une personne qui par exemple gagne 6000 francs, le revenu comprendrait 2500 francs de revenu de base et 3500 francs de salaire. Ici se pose alors la question de savoir si les employeurs seraient subventionnés et ne devraient payer que 3500 francs, ce qui pourrait conduire à une sorte de dumping salarial. Cela pourrait être contrecarré si les entreprises concernées payaient les 2500 francs restants. Pour les bénéficiaires de prestations sociales, ils recevraient le revenu de base de 2500 francs et d’autres aides selon les besoins. »

Bon c’est Attac qui cause. Si la campagne se fait à ce niveau, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge. Les économistes qui débattent du refus du travail ne quittent pas en général leur sérieux. Mais il est des penseurs qui ont depuis longtemps exposé le bon côté de la chose. En tête, le surprenant Robert-Louis Stevenson (Oui ! L’île aux trésors…) avec Une apologie des oisifs (1877), un poil plus tard Paul Lafargue avec Le droit à la paresse  (1880), nettement plus tard enfin, et en pleine guerre civile russe, le peintre Kazimir Malévitch dans La Paresse comme vérité effective de l’homme, (Moscou, 1921). Tous ces titres sont publiés aux éditions Allia, une maison qui peut se targuer d’avoir un catalogue de choix.

P.-S. Comme le comparatisme grandit la connaissance, permettez-moi de signaler qu’en Roumanie le salaire minimum mensuel 2013 est fixé à 199 CHF au cours du jour. Par ailleurs, le premier ministre vient d’annoncer à la télévision son intention de surimposer les salaires de la fonction publique supérieurs à 1000 euros. Il est vrai qu’il n’a pas d’élections en vue avant 2016, les dernières datant de décembre dernier.

P.-S 2.- (31 janvier) Un ami me signale que, contrairement à la Suisse française, cette initiative suscite un gros débat en Suisse alémanique. Cela explique le succès de la récolte des signatures, mais laisse dans l’ombre les raisons de l’indifférence romande.

Publicités

A propos gerarddelaloye

Journaliste et historien, vit entre la Suisse romande et la Transylvanie. Dernier ouvrage publié: "Les douanes de l'âme et autres chroniques roumaines", Ed. L'Aire (Vevey CH), 2016, 130 p.
Cet article, publié dans Politique, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s