EN MARGE Démocratie et totalitarisme au prisme du quotidien

Depuis la parution du roman La symphonie du loup de Marius Daniel Popescu, je n’ai jamais été avare d’éloges pour cette œuvre singulière. Or voici qu’il me signale une étude de sa Symphonie parue dans le dernier numéro d’une revue consacrée à la recherche littéraire, la Revue critique de fixxion française contemporaine. Fondée en 2010, elle en est à son sixième numéro contenant une quinzaine d’études placées sous le thème de Fiction et démocratie. Dont une étude de onze pages concernant notre ami : Démocratie et totalitarisme au prisme du quotidien. La symphonie du loup, de Marius Daniel Popescu signée par Alexandre Seurat (Université Paris-Est-Créteil).

En voici les premières lignes :

Lorsque Marius Daniel Popescu fait paraître La symphonie du loup en 2007 aux éditions Corti (prix Robert Walser 2008), ce premier roman d’un poète inconnu en France détonne dans le paysage éditorial : en entrelaçant, en quatre cents pages denses, le quotidien banal, familial et professionnel, d’un homme qui vit en Suisse aux souvenirs d’enfance et d’adolescence de celui-ci dans la Roumanie de Ceausescu, le livre bouleverse les rapports entre littérature d’un côté et totalitarisme et démocratie de l’autre.

On le voit, Seurat tient l’œuvre de Popescu en très grande estime. Une estime qu’il explicite neuf pages plus loin en approchant de sa conclusion :

Et le cheminement du narrateur de Popescu débouche finalement sur une forme de libération, puisqu’il abandonne son métier de colleur d’affiches, au terme d’un rapprochement qu’on peut juger discutable entre le “parti unique” et la “publicité unique” : “Tu as vécu le monde du parti unique, tu vis pleinement le monde de la publicité unique, les mots du parti unique ne se différencient pas des mots de la publicité unique” (SL 397). Ce passage est le seul moment du récit où un parallèle explicite est dressé entre les techniques publicitaires et la propagande totalitaire ; à quelques pages de la fin du livre, il prend un grand relief et tire le roman de Popescu vers les critiques les plus radicales de la “société de consommation” ou de la “propagande publicitaire”[21]. Popescu serait in fine plus près de Chomsky que de Rancière. Il nous semble cependant que le texte résiste à cette réduction finale. L’effet général du récit est plus suspensif qu’affirmatif, et sa dimension “démocratique” ressort d’autant mieux que les rapports entre le présent et le passé, le je et le tu, la description et la critique ne sont le plus souvent pas stabilisés.

Popescu plus près de Chomsky que de Rancière : Quoi de mieux ? A lire de toute urgence!

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A propos gerarddelaloye

Journaliste et historien, vit entre la Suisse romande et la Transylvanie. Dernier ouvrage publié: "Les douanes de l'âme et autres chroniques roumaines", Ed. L'Aire (Vevey CH), 2016, 130 p.
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