EN MARGE Le gouvernement roumain vogue sur une mer d’incertitudes

Semaine exceptionnelle pour le gouvernement dirigé par Victor Ponta. Contraint de trancher sur les deux dossiers dont tout le monde parle, les chiens errants et la mine de Roşia Montana, il pédale dans du yaourt qui se transforme en mélasse.
Pour les chiens errants, la mort la mort du petit Ionuţ (4 ans) sous les crocs aiguisés d’un chien pourtant « adopté » par une ONG prétendument vouée à la protection des animaux suscite des commentaires passionnés. (Notons au passage qu’il y a quelques années la mort d’un citoyen japonais attaqué par un molosse devant le palais du gouvernement ne suscita pas du tout la même émotion. Le monsieur était pourtant diplomate et président des Amitiés roumano-nippones !) Dans ces moments de grande ferveur populaire, chacun a sa solution ce qui ne fait guère avancer la solution. Brigitte Bardot a tancé par lettre le président Băsescu qui s’est courageusement (il ne peut plus être candidat à quoi que ce soit) prononcé pour l’extermination de la gent canine libre. Le maire de Bucarest (65000 chiens errants) va lui organiser un référendum sur la question le 6 octobre. Les sondages se montrent favorables à une extermination prudemment appelée ici euthanasie. Mais qu’en sera-t-il si Victor Ponta (qui n’est qu’au début de sa carrière comme il aime le répéter, donc sujet à réélection) choisit une solution mi- chèvre mi- chou ? Pour le moment il s’abstient.
Sur le contrat minier de Roşia Montana entre l’Etat et un géant canadien, le flou règne aussi. Deux à trois mille jeunes manifestent chaque soir depuis une semaine pour en exiger le rejet. L’exploitation de la mine à ciel ouvert à l’aide de cyanure fait peur. Une peur qui vient des tripes, d’une méfiance instinctive face à la capacité de l’Etat de contrôler les agissements d’une multinationale toute puissante. La population ne veut pas de cette aventure, mais les politiciens ont été généreusement arrosés. A l’heure qu’il est le chef du gouvernement Ponta maintient son avis favorable alors que le député Ponta s’y oppose de manière tonitruante.

Publicités

A propos gerarddelaloye

Journaliste et historien, vit entre la Suisse romande et la Transylvanie. Dernier ouvrage publié: "Les douanes de l'âme et autres chroniques roumaines", Ed. L'Aire (Vevey CH), 2016, 130 p.
Cet article, publié dans Politique, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s