De la « Trilogie de Transylvanie » de Miklós Bánffy au Musée des Beaux-Arts de Cluj

Le palais Banffy à Cluj

Dans un article publié en mars 2012, je ne cachais pas mon admiration pour la Trilogie de Transylvanie de Miklós Bánffy, (3 vol. chez Libretto), une vaste fresque historique racontant les dernières années de la Hongrie royale avant son effondrement suite à la première guerre mondiale de 1914-1918. J’ajoutais que l’on ne peut comprendre les actuelles vicissitudes de la politique hongroise sans avoir présente à l’esprit cette course à l’abîme vieille d’un siècle.
Auteur du roman, Miklós Bánffy (1873-1950) était un aristocrate hongrois rejeton d’une famille qui avec quelques autres et pendant près de mille ans régna sur une grande partie de la Transylvanie, partageant le pouvoir avec les Sicules des Carpates et les Saxons des Siebenbürgen. Libéral, Bánffy essaya au lendemain du traité de Trianon d’éviter le pire et fut même brièvement ministre hongrois des Affaires étrangères en 1921. Prenant acte de son échec il se retira dans son château de Bontida, à quelques kilomètres de Cluj, dans une Transylvanie désormais devenue roumaine. A Cluj même, le palais de la famille Bánffy attendait que les Roumains décident de son sort. Après la seconde guerre mondiale, les communistes en firent un musée des Beaux-Arts et y réservèrent même dit-on une pièce pour l’écrivain après l’avoir dépossédé de ses propriétés. Chassé de Transylvanie en 1949, il mourut l’année suivante à Budapest.
Vint le temps des rétrocessions. Dans les années 2000 une fondation patronnée par le prince Charles d’Angleterre entreprit de restaurer le château (abandonné) de Bontida pour en faire un centre culturel. Restait le palais, un immeuble d’une autre envergure assumant un rôle central dans la vie culturelle de Cluj, la capitale transylvaine. On apprend aujourd’hui qu’un tribunal a décidé d’en restituer la propriété à la famille Bánffy. Qu’en fera-t-elle ?

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A propos gerarddelaloye

Journaliste et historien, vit entre la Suisse romande et la Transylvanie. Dernier ouvrage publié: "Les douanes de l'âme et autres chroniques roumaines", Ed. L'Aire (Vevey CH), 2016, 130 p.
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