L’épidémie de guerres va-t-elle s’étendre à l’Europe ?

Avez-vous remarqué combien la disparition de la guerre froide au lieu d’amener la paix a rendu les guerres si chaudes qu’elles finissent par nous chauffer les pieds ? Si nous prenons comme point de départ la première guerre du Golfe, celle soutenue par Bush le père en réponse à l’annexion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein – cela nous renvoie un quart de siècle en arrière – force est de constater que les conflits ouverts (et sanglants) ne cessent de se développer. A survoler d’un coup d’œil une carte du Moyen-Orient on constate que les seuls bénéficiaires de ces soubresauts sont les Kurdes d’Irak qui ont pu se tailler une république sur mesure dans le nord du pays. Sinon, à part l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite et ses Etats tributaires qui pour le moment sont parvenus à sauver leur paix, le désastre est total. La prétendue lutte pour la démocratie prônée par les Américains a non seulement échoué de l’Afghanistan à la Libye, mais elle a concassé avec une telle violence des structures étatiques héritées du militaro-socialisme arabe (Irak, Syrie, Egypte, Libye…) qu’il est impossible de prévoir quand ils pourront reprendre leur souffle. Il faudrait un vaste plan de paix politique et économique pour relancer ces machines. Mais tant que le pétrole saoudien coule à flots…

Pour le moment l’Union européenne et les Etats qui la composent font semblant d’ignorer cette dangereuse décomposition d’une importante région de la planète. Par manque d’ambition politico-diplomatique, par faiblesse et incompétence militaire. Mais surtout parce qu’on ne confie pas la gestion de ministères que les Français, bombant le torse, qualifient de régaliens à des fonctionnaires même bien payés. La politique aux hommes politiques ! Or il en faudra des hommes politiques, des vrais, pour régler les problèmes qui s’annoncent à la périphérie de l’Europe, en Turquie et en Ukraine, pour ne pas parler de la Russie qui commence elle aussi à battre de l’aile. Après des décennies de lutte contre l’arbitraire, ces peuples montrent que leur patience est à bout, leur seuil de tolérance à l’injustice et à la corruption déjà franchi pour nombre d’entre eux. Bruxelles et les grandes capitales devraient être sur le qui-vive : il s’agit de mastodontes d’une autre importance que la fragile Grèce.

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A propos gerarddelaloye

Journaliste et historien, vit entre la Suisse romande et la Transylvanie. Dernier ouvrage publié: "Les douanes de l'âme et autres chroniques roumaines", Ed. L'Aire (Vevey CH), 2016, 130 p.
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