EN MARGE Le David de Michel-Ange se craquèle : mauvais présage pour la démocratie suisse ?

Deux semaines après avoir parlé dans mon post précédent des relations entre le David de Michel-Ange et la démocratie suisse, cette nouvelle fait le tour du monde :

Le David de Michel-Ange, incarnation de l’idéal masculin de la Renaissance italienne et symbole de la ville de Florence, menacerait de s’effondrer sous son propre poids. Pas celui qui se dresse actuellement devant le Palazzo Vecchio, qui en est une réplique, mais l’original, dévoilé en 1504 et abrité depuis 1873 à l’Académie des Beaux-Arts, la Galleria dell’Accademia. La sculpture en marbre blanc de Carrare de plus de 5,5 tonnes et de 5 mètres de haut souffrirait de « micro-fractures » dans les jambes, et notamment  sa cheville gauche, explique le quotidien italien La Repubblica . La souche d’arbre sculptée qui apparaît au pied du colosse et supporte en grande partie le poids de la statue serait également touchée par ces craquelures, selon les résultats d’une étude récente du Conseil  national de recherche italien (CNR) et de l’université de Florence publiée dans le Journal of Cultural Heritage.

Pour Machiavel (relu par Adriano Sofri), la fondation de la république idéale aurait dû se faire en utilisant comme matériau de base le peuple suisse et ses institutions alors balbutiantes (nous sommes au début des années 1500) car il s’agissait d’une matière brute non corrompue par la civilisation, mais vaillante et vertueuse (dans le sens machiavélien). Et le grand Florentin de donner comme exemple à suivre la manière dont le jeune Michel-Ange s’y était pris pour transformer un bloc de superbe marbre brut de cinq tonnes dont personne ne savait que faire en un David, symbole rayonnant de la puissance florentine. Au fil des siècles la Suisse a peu à peu donné raison à l’intuition de Machiavel. Mais de là à se craqueler en même temps que la statue, n’y aurait-il pas en fin de compte un coup du sort machiavélique ?

Publicités

A propos gerarddelaloye

Journaliste et historien, vit entre la Suisse romande et la Transylvanie. Dernier ouvrage publié: "Les douanes de l'âme et autres chroniques roumaines", Ed. L'Aire (Vevey CH), 2016, 130 p.
Cet article, publié dans Histoire, Littérature, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s